Précisons que le ministère, une fois qu'il est discerné, doit s'appuyer sur trois choses : la prière, la formation et la pratique.
En effet un ministère sans prière risquera de s'écarter de son objectif, parfois pour la gloire du chrétien et non celle de Dieu. Il faut toujours se demander : dans quel but je fais cela ? Que pense Jésus de mon ministère ? Est-ce que je lui laisse un droit de regard ?
Un ministère sans formation (que ce soit pour la prédication, la musique, la compassion, la guérison...) risque de ne pas être "à la hauteur", sinon à celle de son auteur. (Hi hi). Soyons formés et dépassons le ras des pâquerettes avant de vouloir édifier les autres. Par exemple avant de prêcher, est-ce que j'ai suivi une formation sur le fait de savoir parler en public, réaliser un plan, accrocher l'auditeur, étudier la théologie ... ? Avant de chanter est-ce que j'ai étudié la musique ou est-ce que je fais du karaoké spirituel ? Y a t-il quelqu'un de mieux formé que moi qui pourrait m'aider ?
Ces questions paraissent évidentes mais ne sont pas souvent posées par ceux qui exercent un ministère. Souvent, par peur de se faire accuser de critique, de semeur de zizanie, les gens ne disent rien. Ils laissent tomber et supportent en silence des ministères qui ne sont pas assez solides pour favoriser l'édification spirituelle. Ce manque de caractère amène malheureusement l'auto-satisfaction chez ceux dont la formation a été trop courte. Et à ce moment là il est difficile d'avancer. Car l'auto-satisfaction amène parfois l'orgueil.
La pratique est une autre condition vitale au bon fonctionnement d'un ministère. A quoi cela sert de savoir jouer d'un instrument si on n'en joue pas ? Pas à grand chose je présume. C'est en exerçant son ministère qu'on pourra en récolter les fruits. Cependant il faut bien faire attention de ne pas sauter la case "Formation", en prétextant que l'on va apprendre sur le tas. On ne mettrait pas n'importe qui pour tirer un penalty en finale de Coupe du monde. Pourquoi mettrait-on n'importe qui pour chanter ou prêcher à l'Eglise ? La coupe du monde vaut-elle plus que l'Eglise ?
Evidemment on pourrait objecter que l'on ne pourra jamais décider à l'avance d'un niveau minimal à acquérir pour faire telle ou telle chose dans l'Eglise. C'est vrai. Comparé à Jésus, Chopin est minable au piano. Ne l'oublions pas, tout ce que nous faisons n'arrive pas à la cheville de la perfection divine. Et si seulement des Chopins jouaient à l'Eglise, il n'y aurait pas souvent de musique...
Mais je crois que c'est à celui qui exerce un ministère de faire son examen, de se remettre continuellement en question, de permettre aux autres de le critiquer (en bien ou en mal), de ne pas stagner dans l'auto-satisfaction, et de ne pas imposer sa présence sans prise de recul.
Un autre moyen pour discerner d'un manque de formation est de faire appel à une personne (dans ou hors l'église) qui est, elle, bien formée, et qui est capable d'être objective.