LA MUSIQUE A l'EGLISE AUJOURD'HUI

   
     

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La musique, d'une manière générale, traverse une période de bouleversements.
 La superbe invention de Berliner a permis une diffusion extraordinaire de l'art musical, mais aussi deux problèmes majeurs :
 la commercialisation de l'oeuvre, qui d'oeuvre d'art devient produit de consommation, et la passivité des personnes devant la musique, qui de musiciens autrefois (par nécessité) sont devenus auditeurs attentistes et souvent peu éclairés.
Ainsi comme il y a une industrie agro-alimentaire, qui, on commence à s'en apercevoir, apporte une facilité de cuisiner synonyme de mauvaise qualité, et donc des maladies et du surpoids aux personnes, il y a aussi une industrie musicale, dont 90 % des produits rendent aussi malades ses auditeurs.

Au niveau de la création musicale, il y a un monopole de la chanson de variétés (que ce soit pop, rock, grunge, rap, reggae ou techno...) qui est affligeant. Les gens ne sont la plupart du temps pas capables de se concentrer plus de trois minutes. Si l'on demandait à un panel de 100 personnes de citer cinq compositeurs "classiques", la messe serait dite. Et demander à une assemblée protestante de citer trois compositeurs protestants...


Les compositeurs eux mêmes sont dans une impasse : continuer dans l'atonalité, saupoudrer la tonalité de modalité ethnique, mélanger tout ça? Si un compositeur est tonal il est ringard, s'il est atonal il est surfait, s'il est modal il est dans le vent mais le vent tourne vite, s'il est original il est incompréhensible. Seigneur reviens-vite pour nous libérer de cette impasse !

Et la musique d'église dans tout ça ?

Elle a souvent été autoritaire et rétrograde. L'orgue n'est admise que très tard à la messe (XIVème siècle), avant les instruments étaient proscrits. C'est vrai, qu'ils sont diaboliques ces instruments ! C'est logique (merci Kafka).
Aujourd'hui encore, on ne jouera pas de piano, de guitare, encore moins de cymbalum à la messe. Mais allez donc essayer de jouer du cymbalum (pourtant magnifique) dans un culte protestant ! Il y a encore des églises réformées ou évangéliques (moins) qui refusent la batterie. Quel instrument barbare ! C'est logique (merci Kafka / deuxième fois).

Au moyen Age les intervalles utilisés dans les chants sacrés étaient l'octave, la quarte ou la quinte essentiellement. La tierce était considérée comme dissonante (!?) et la quarte diminuée (le triton) comme diabolique (c'est vrai fa-si c'est satanique...). Tout celà a bien évolué, mais on n'a pas encore écrit de cantiques atonaux (qui veut essayer ?).


Delalande avait,lui, réussi à faire venir beaucoup de monde à Notre Dame de Paris, grâce à ses motets grandioses (choeur et orchestre). Enfin les gens venaient à la messe. Il s'est fait renvoyé très vite par l'église catholique. Quand même, remplir une cathédrale par la musique, quelle horreur ! (merci Kafka).


Jean-Sébastien Bach, appelé aussi le cinquième évangéliste, se faisait par sa musique merveilleuse, admirer par la plupart des gens. Il voulait simplement, comme il le disait, honorer le Très-Haut, et enseigner le peuple. Mais ses supérieurs n'étaient pas à son niveau :
 Ses préludes étaient trop longs, dans des tonalités trop éloignées. Il les faisait trop brefs pour se venger. On le rappelait à l'ordre. Sa musique était trop moderne, à la fin de sa vie, trop ancienne... Quand il est mort, ses supérieurs (pasteurs et autres membres du conseil) furent contents car ils avaient plus besoin d'un cantor (comprenons bien discipliné et sans talent) que d'un maître de chapelle (comprenons un compositeur génial). C'est logique !
Sa veuve n'aura d'ailleurs qu'une petite rente et mourra misérable, car elle n'avait qu'à se remarier (c'était facile à son âge). Elle dut même vendre des centaines de partitions de son mari (ses cantates notamment), aujourd'hui perdues.

Cependant Bach eut quand même le privilège de pouvoir composer pour l'église. A un moment de sa vie, il composera une cantate par semaine (pendant trois ans!). Quelle église actuelle peut se targuer d'avoir de nouvelles créations musicales chaque semaine ? Chaque mois ? Chaque trimestre ? Chaque année ? La question est sans intérêt pour ceux qui ne connaissent pas la musique ou qui en ont peur (merci Calvin), mais elle très importante pour les musiciens, pour l'édification et l'évangélisation, pour Luther et pour le Seigneur lui-même. Ne doit-on pas chanter des cantiques nouveaux ?

Je suis persuadé que lorsqu'il n'y a plus de nouvelle musique, la musique est morte.

La création musicale peut contribuer à une avancée de l'église, et non un statisme monotone. Cela ne veut pas dire brûler les anciens cantiques. On peut mélanger nouvelles et anciennes créations. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, disait Salomon, mais quand on ne cherche plus à créer de musique, il fait bien gris sous ce soleil.
Ah si on pouvait rétablir les préludes et les postludes au culte, avec une assemblée attentive (la musique liturgique n'est quand même pas un jingle!), cela serait déjà beaucoup.

Le tableau n'est pas si noir, je pointe juste un des problèmes lié à une liturgie : la peur d'avancer.

Le REPERTOIRE est un problème crucial : que faire chanter aux fidèles ?                                                      

La solution aujourd'hui est le mélange : on garde quelques vieux cantiques pour faire plaisir aux personnes âgées (ou à moi) et on met un gros paquet de chants de louange, avec trimestriellement un nouveau.

Evidemment qu'il ne faut pas toujours chanter les mêmes cantiques, mais 85 % des chants actuellement sont des stéréotypes de mauvaise variété : les mêmes enchaînements d'accords, les mêmes slogans évangéliques (ce n'est pas souvent de la poésie), les mêmes rythmiques... Beaucoup, ne connaissant que ça, apprécient. C'est rassurant d'avoir toujours la même chose. Mais doit-on pour autant ne chanter que ça ?

 

Je souhaite que la musique trouve la place qu'elle pourrait avoir dans l'église, pour l'édification de tous, et pour la louange de notre Seigneur.

 Ceci ne pourra se réaliser que si les gens sont enseignés (n'est-ce pas tout simplement un problème de culture ?), et avec l'aide de personnes formées dans le domaine musical.

 
     
         

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